Si vous gérez un commerce, un bar, un restaurant ou une salle de sport, vous vous êtes forcément posé la question : combien dois-je payer pour diffuser de la musique dans mon établissement ? La réponse a plusieurs niveaux, et bien la comprendre vous fait gagner du temps, de l'argent et quelques tracas administratifs.

Ce guide explique de façon concrète ce que sont la SACEM et la SPRÉ, comment fonctionnent leurs redevances pour les établissements commerciaux, de quoi dépend le montant et quelles alternatives existent pour la musique d'ambiance d'un commerce.

Qu'est-ce que la SACEM et la SPRÉ (et pourquoi on paie souvent deux fois)

En France, quand on diffuse de la musique enregistrée du répertoire commercial, deux acteurs distincts entrent en jeu. La SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) gère les droits d'auteur : elle représente celles et ceux qui composent et écrivent les œuvres musicales et perçoit les sommes dues lorsque ces œuvres sont communiquées au public. La SPRÉ (Société pour la perception de la rémunération équitable) gère quant à elle la rémunération équitable : celle qui revient aux artistes-interprètes et aux producteurs de la musique enregistrée.

Ce sont deux postes distincts, et c'est pour cela que beaucoup d'exploitants ont l'impression de « payer deux fois » : pour la majeure partie de la musique commerciale, la SACEM (pour les auteurs) et la SPRÉ (pour les interprètes et producteurs) s'appliquent toutes les deux. Bonne nouvelle pour la simplicité : en France, la SPRÉ a confié à la SACEM la perception de ses droits. Vous effectuez donc une seule déclaration, auprès de la SACEM, et les deux montants apparaissent ensemble sur la facture. Il ne s'agit ni d'un impôt ni d'un organisme public : ce sont des sociétés qui collectent puis redistribuent les sommes à celles et ceux qui ont créé et produit la musique.

Quand un établissement doit payer : la communication publique

La notion clé est celle de communication publique. La loi considère comme communication publique toute diffusion d'une œuvre protégée vers un ensemble de personnes qui dépasse le cadre strictement privé et familial. Quand vous diffusez de la musique dans un établissement ouvert au public, cette musique est communiquée publiquement, et cela nécessite l'autorisation des titulaires de droits.

Cela vaut pour pratiquement tout établissement où il y a des clients et où l'on diffuse de la musique, quel que soit le support : radio, télévision, CD, clé USB, plateformes de streaming, sonorisation contractée. Ce qui compte n'est pas l'origine de la musique, mais le fait qu'elle soit diffusée publiquement dans un espace commercial.

Attention : utiliser Spotify, YouTube ou Apple Music ne vous dispense pas de la question. Ces services, dans leurs comptes à usage personnel, sont prévus pour l'écoute privée et domestique : leurs conditions d'utilisation excluent expressément l'usage commercial.

Comment le tarif SACEM (et SPRÉ) est calculé pour un établissement

Les tarifs ne sont pas uniformes : ils dépendent de plusieurs facteurs que la SACEM et la SPRÉ établissent et publient dans leurs barèmes officiels, mis à jour périodiquement. Les principaux critères sont en général les suivants :

Un point utile à connaître : un tarif réduit de 20 % s'applique si vous effectuez votre déclaration avant la mise en place de votre matériel de sonorisation. À l'inverse, un établissement qui commence à diffuser de la musique sans déclaration préalable perd le bénéfice de cette réduction. La SACEM et la SPRÉ mettent à disposition sur leurs sites les barèmes à jour et des simulateurs pour estimer le montant propre à chaque type d'établissement.

Combien on paie, en pratique : ordres de grandeur

Les valeurs ci-dessous sont indicatives et servent seulement à donner une échelle : le montant réel dépend des facteurs vus plus haut et des barèmes officiels à jour de la SACEM et de la SPRÉ, qui font foi.

Type d'établissementOrdre de grandeur annuel (SACEM + SPRÉ)
Petit commerce de détail (peu de salariés, simple fond sonore)de l'ordre de quelques centaines d'euros par an
Bar ou restaurant de taille moyennemontant plus élevé, selon la capacité et la zone de chalandise
Hôtel, grande salle de sport, grande surface ou usage intensifpeut dépasser l'ordre du millier d'euros par an

Le point à retenir, c'est qu'il s'agit presque toujours de deux postes additionnés (SACEM pour les droits d'auteur et SPRÉ pour la rémunération équitable), avec un montant minimum annuel, et que la facture augmente avec la taille de l'établissement et avec l'importance que la musique a dans l'activité.

Puis-je utiliser Spotify, YouTube ou Apple Music dans mon magasin ?

C'est l'une des questions les plus fréquentes, et la réponse courte est non, pas avec les comptes standards. Les conditions d'utilisation de Spotify, YouTube Music, Apple Music, Amazon Music et consorts sont rédigées pour un usage personnel et domestique et excluent l'usage commercial. Diffuser de la musique depuis ces applications dans un établissement ouvert au public revient, d'une part, à enfreindre les conditions de la plateforme elle-même ; d'autre part, cela ne règle pas la question des autorisations pour la communication publique.

Le malentendu le plus courant consiste à penser qu'en payant un abonnement Premium, on « paie pour tout ». Ce n'est pas le cas : cet abonnement couvre l'usage personnel du service. Il existe des versions pensées pour les entreprises (Spotify propose par exemple Soundtrack Your Brand), qui constituent un service différent, dédié à l'usage commercial ; mais l'application standard que la plupart des gens utilisent sur leur téléphone n'est pas valable pour diffuser de la musique dans un établissement.

Que se passe-t-il en cas de contrôle

La SACEM effectue des contrôles auprès des établissements commerciaux pour vérifier que la situation des autorisations est en règle. En cas de diffusion non autorisée du répertoire qu'elle gère, elle peut réclamer les sommes dues, y compris de façon rétroactive, et le cas échéant engager des procédures.

Lorsqu'un agent se présente dans l'établissement, ce qui compte est de pouvoir montrer clairement quelle musique est diffusée et à quel titre. Le moyen le plus simple d'éviter les problèmes est de s'assurer que la musique est couverte par une voie claire : soit en payant les droits sur le répertoire géré par la SACEM et la SPRÉ, soit en utilisant un répertoire musical qui se situe en dehors de leurs catalogues.

Il n'existe pas de choix « correct » dans l'absolu. Il existe l'option qui s'adapte le mieux au type d'établissement, à l'usage que l'on fait de la musique et au temps de gestion administrative que l'exploitant a envie d'y consacrer.

Peut-on avoir de la musique d'ambiance sans payer la SACEM et la SPRÉ ?

Sur le répertoire géré par la SACEM et la SPRÉ, la redevance est due : c'est la règle, et tout guide sérieux part de là. Il existe toutefois une alternative que beaucoup d'établissements choisissent pour la simplicité de gestion : faire appel à un service professionnel de radio pour lieux professionnels qui travaille avec un répertoire musical de production propre, en dehors des catalogues gérés par ces sociétés.

My Corporate Radio fonctionne ainsi : un forfait mensuel unique, une bibliothèque musicale de production propre curée par l'équipe éditoriale dirigée par Emanuele Carocci (animateur de RTL 102.5), des canaux pensés pour différents types d'établissements (magasins, restaurants, bars, salles de sport) et un document, au nom de l'établissement, qui décrit l'origine du catalogue diffusé. Tout est inclus dans le forfait, sans gestion séparée. Vous pouvez voir le fonctionnement et les tarifs sur la page offre et tarifs.

C'est un choix opérationnel, pas un moyen d'échapper aux droits dus sur le répertoire traditionnel : qui continue de diffuser de la musique du catalogue SACEM et SPRÉ reste tenu de payer les redevances correspondantes. La différence tient au type de répertoire que l'on décide d'utiliser.